retour
Contacts de langues identites alterites Didier de Robillard
Contacts de langues identites alterites Didier de Robillard
jeudi 12 avr. 2018

Existe-t-il un lien entre les fonctions d'une langue et sa structure ?

Y aurait-il des dynamiques communes aux langues en présence à Maurice, quelles qu’elles soient ? Français, créole, bhojpuri, gujarati, tamoul, marathi, hakka… Elles ont en commun le fait d’avoir été déracinées de leurs milieux socio-historiques d’origine, pour s’implanter dans une société nouvelle. Cette conférence examinera la situation mauricienne à la lumière des travaux du linguiste Gabriel Manessy (1923 – 1996).

Y a-t-il une corrélation entre les fonctions des langues et leur organisation, leur structure ?
C’est la question que l’on peut se poser à la lecture des travaux de cet africaniste émérite qui s’est intéressé à certaines langues africaines ayant migré, à la faveur d’exodes ruraux de populations vers les mégapoles africaines.

Il y observe alors que lorsque ces langues à l’origine rurale sont parlées en ville dans des réseaux sociaux différents, elles se transforment, se « simplifient », peut-être en raison de leur usage véhiculaire.

(1) ? À la suite de vagues migratoires successives, elles se « complexifient » parfois, semblant changer de structure à la faveur de changements de fonctions sociales. Ces théories ont beaucoup intéressé francophonistes et créolistes, et il est stimulant de les mobiliser pour la situation des langues à Maurice, notamment le français et le créole, dont on peut penser que ce sont des langues à divers égards vernacularisées

(2) et / ou véhicularisées. Cette question concerne par ailleurs la francophonie et la créolophonie dans son ensemble, et toutes les situations de diasporas linguistiques, comme celle du français, de l’hindi, de l’anglais, de l’arabe de l’espagnol, etc. dans le monde.


1. Langue véhiculaire : langue qui permet la communication entre des peuples ou ethnies de langues différentes.
2. Langue vernaculaire : langue communément parlée dans les limites d'une communauté.


DIDIER DE ROBILLARD

D’origine mauricienne, Didier de Robillard a préparé une recherche doctorale sur les problèmes de politique linguistique (1989) à l’Institut d’études créoles et francophones (R. Chaudenson), puis a été nommé à l'Université Aix-Marseille I (maintenant Aix-Marseille Université), puis Professeur à l'Université de la Réunion avant de rejoindre l'Université François-Rabelais de Tours en 1997.

Il a mené de nombreuses recherches sur les situations de francophonie, de variation du français à Maurice, de contacts de langues créole-français, et les politiques linguistiques. À ces divers titres, il a été expert auprès d’organisations nationales françaises et internationales, et animé plusieurs recherches collectives et ouvrages sur ces thèmes.

Didier de Robillard a mis en place le CAPES de créole en France, et a assuré un certain nombre de fonctions politiques et administratives dans la sphère de l’enseignement supérieur et de la recherche : responsable d'équipe associée au CNRS, responsable d'équipe de recherche et d'accueil, de département, de masters, membre de conseils d'UFR et d'Université. Il est membre fondateur du Réseau francophone de sociolinguistique. Il travaille depuis plusieurs années sur les questions d'épistémologie de la diversité des langues et cultures.

Consultez notre calendrier d'évènements
J'y Vais
jeudi 12 avr.
18H

Galerie

Gratuit